Et si le plus grand soutien de Macky Sall venait finalement de celui qui l’a remplacé ?
L’annonce de la rencontre entre le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur Macky Sall, prévue le 17 juillet au Palais de la République, suscite déjà de nombreuses interrogations. Première audience officielle entre les deux hommes depuis la passation de pouvoir d’avril 2024, ce rendez-vous dépasse le simple cadre protocolaire.
Au cœur des discussions pourrait figurer la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU. Mais son parcours politique récent pourrait peser sur ses ambitions. Son second mandat a été marqué par une profonde crise politique, des manifestations meurtrières, des critiques sur les libertés publiques, le débat autour d’un troisième mandat et le report controversé de la présidentielle de 2024. Autant d’éléments susceptibles d’être évoqués dans les négociations diplomatiques autour de sa candidature, même si le soutien des États demeure souvent plus déterminant que les controverses nationales.
Pour Bassirou Diomaye Faye, cette rencontre constitue également une occasion d’affirmer sa stature présidentielle. En recevant son ancien adversaire politique, le chef de l’État envoie un message d’ouverture et de continuité républicaine. Il montre que les intérêts diplomatiques du Sénégal peuvent primer sur les rivalités partisanes.
Cette audience pourrait aussi alimenter les débats sur les équilibres au sommet de l’État. Alors qu’Ousmane Sonko continue d’incarner une ligne de rupture plus ferme avec l’ancien régime, Diomaye Faye semble privilégier une approche plus institutionnelle et plus consensuelle. Sans prouver l’existence de divergences entre les deux dirigeants, cette séquence renforce l’image d’un président qui exerce progressivement sa propre autonomie politique.
Reste désormais à savoir si cette rencontre débouchera sur un soutien officiel du Sénégal à la candidature de Macky Sall à l’ONU. Si tel est le cas, ce geste marquerait un tournant diplomatique, mais aussi un nouveau chapitre dans les rapports entre l’ancien et le nouveau pouvoir.
