La ville de Bordeaux a décidé de refuser le legs de la collection africaine de Marie-Thérèse Petit, une ancienne sage-femme décédée en 2022. Surnommée son « petit musée africain », cette collection comprend 53 objets principalement originaires du Gabon, ainsi que du Nigeria et de la Côte d’Ivoire. En rejetant ce legs, le conseil municipal souhaite permettre à ces biens culturels de retourner dans leurs pays d’origine, conformément aux demandes déjà exprimées par plusieurs États africains.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de réflexion croissante sur la provenance des œuvres africaines conservées en Europe. Selon la municipalité, ces objets ne sont pas de simples pièces de collection, mais des témoins de traditions, de croyances et de savoir-faire qui conservent un lien profond avec les communautés dont ils sont issus.
Marie-Thérèse Petit et son mari, chirurgien, avaient vécu au Togo, au Gabon et au Niger à partir de 1947. Au fil des années, ils ont constitué cette collection en acquérant divers objets lors de leurs séjours en Afrique. Un inventaire détaillé, rédigé par la collectionneuse elle-même, mentionne l’origine et le mode d’acquisition de chaque pièce.
Le Musée national des arts, rites et traditions du Gabon s’est montré favorable au retour des 33 objets gabonais, dont plusieurs appartiennent au patrimoine culturel du peuple tsogo. Une délégation gabonaise a salué une décision « historique », espérant qu’elle favorisera d’autres restitutions à l’avenir.
Cette initiative s’inscrit également dans le programme de recherche Anada, qui vise à documenter la circulation des biens culturels africains et à accompagner les démarches de restitution du patrimoine africain conservé en France.
