Comme une cicatrice qui se rouvre chaque année à la même date, le 23 septembre reste une blessure vive dans la mémoire nationale togolaise.
Dans la nuit du 23 au 24 septembre 1986, un commando armé venu du Ghana attaque des sites stratégiques de Lomé dont le camp militaire où réside le président Gnassingbé Eyadéma dans ce que les historiographies internationales qualifient généralement de tentative de coup d’État, menée notamment par des membres du Mouvement togolais pour la démocratie (MTD). Les combats font plusieurs dizaines de morts ; la France et le Zaïre envoient des troupes en soutien au régime, tandis que le Togo accuse le Ghana et le Burkina Faso d’avoir soutenu les assaillants.
Le récit officiel togolais, qualifiant l’événement d’« agression terroriste », s’inscrit dans une longue tradition mémorielle du régime, qui a façonné cette date en symbole de résilience nationale face à une menace extérieure. Cette lecture contraste avec l’analyse d’historiens et d’organisations comme Amnesty International, qui replacent l’épisode dans le contexte plus large de la contestation croissante contre le pouvoir personnel d’Eyadéma à la fin des années 1980. Quarante ans après, cette tension entre mémoire d’État et histoire critique demeure un cas d’école des usages politiques du passé en Afrique.
