ANALYSE
Bonne nouvelle : la dette publique est encore loin du fameux plafond de 70 % de l’UEMOA. De quoi dormir tranquillement ? Pas si vite.
50,1 % du PIB et toujours sous les 70 % : faut-il vraiment se réjouir ?
À fin juin 2026, l’endettement public s’établit à 9 122,2 milliards de FCFA, soit 50,1 % du PIB. Le niveau reste donc inférieur au plafond communautaire de 70 %. En apparence, la situation semble maîtrisée. Mais derrière ce pourcentage se cache une progression importante de la dette.
Entre le 31 décembre 2025 et fin juin 2026, l’encours a augmenté de 650 milliards de FCFA, passant de 8 472,2 à 9 122,2 milliards. Cela représente une progression d’environ 7,7 % en six mois. Entre mars et juin 2026, la dette a également progressé de 94,5 milliards de FCFA.
Cette hausse s’explique notamment par d’importants décaissements en devises. À fin juin, ils atteignent 905,8 milliards de FCFA, dont 381,6 milliards provenant de bailleurs multilatéraux et 478,8 milliards issus des émissions internationales réalisées en janvier 2026. L’État a également mobilisé 86,7 milliards de FCFA sur le marché régional de l’UEMOA à travers des émissions de titres du Trésor.
Le respect du seuil de 70 % ne suffit toutefois pas à conclure que la dette est sans risque. Sa soutenabilité dépend aussi du coût des emprunts, de leur durée, des recettes de l’État et de l’exposition aux fluctuations des devises.
Un autre point mérite d’ailleurs d’être clarifié : les 905,8 milliards de décaissements ne correspondent pas mécaniquement aux 650 milliards d’augmentation de l’encours. Des remboursements, des opérations de gestion de la dette ou des effets de change peuvent expliquer cet écart.
En clair, le niveau de dette reste sous le plafond communautaire, mais sa progression rapide appelle à la vigilance. Le véritable indicateur à surveiller n’est donc pas seulement le chiffre de 50,1 %, mais l’évolution de la dette et la capacité de l’État à en assurer durablement le remboursement.
Une dette publique légèrement supérieure à la moitié du PIB : faut-il pour autant s’inquiéter ?
