Au Togo, il suffit parfois de regarder le prix à la pompe pour comprendre que tout augmente, sauf la fiche de paie.
En 2022, les prix du carburant ont connu trois hausses en quelques mois. Le super sans plomb est passé de 505 à 595 FCFA en mars, puis à 625 FCFA en mai, avant d’atteindre 700 FCFA en juillet. Cette dernière hausse a porté le gasoil à 850 FCFA, contre 605 FCFA auparavant. Les autorités avaient alors évoqué la flambée du pétrole et la guerre en Ukraine.
L’effet ne s’est pas limité aux stations-service. Pour les conducteurs de taxi-moto, taxis et véhicules de transport, le carburant représente une charge directe. Lorsque cette charge augmente, le transporteur doit choisir entre réduire sa marge ou augmenter ses tarifs. Derrière le transport, ce sont aussi les marchandises qui deviennent plus coûteuses à acheminer. L’inflation finit donc par toucher le panier des ménages. La BCEAO relevait d’ailleurs une forte progression des prix du transport au Togo en 2022, dans le contexte de la hausse des carburants.
Le problème est que les revenus n’ont pas suivi le même rythme. Le SMIG est fixé à 52 500 FCFA depuis janvier 2023, après une hausse de 50 %. Il reste le même en 2026. Le 11 sepetembre 2026, le prix du sueper sans plomb est passé à 817 Fcfa.
Plus préoccupant encore, son application reste imparfaite dans certains secteurs. En mars 2026, le MMLK dénonçait encore des travailleurs payés dans des conditions inférieures aux normes légales.
Au fond, le paradoxe est simple : les prix prennent l’escalier, les salaires attendent encore au rez-de-chaussée.
