La France a officiellement restitué à la Côte d’Ivoire le tambour sacré Djidji Ayôkwé, premier objet ivoirien rendu dans le cadre d’une loi spéciale sur les restitutions de biens culturels. Conservé au Musée du quai Branly depuis 2006, ce « tambour parleur » de 3,5 mètres de long avait été pillé en 1916 par l’administration coloniale française dans le village d’Adjamé, aujourd’hui intégré à Abidjan.
Instrument emblématique du peuple atchan (ou ébrié), le Djidji Ayôkwé servait à transmettre des messages sur de longues distances et à alerter les populations, notamment lors des enrôlements forcés imposés par les colons. Son nom signifie « panthère-lion » en langue ébrié. Pour les autorités ivoiriennes et la communauté atchan, son retour représente bien plus qu’une restitution matérielle : il symbolise la récupération d’une part essentielle de leur mémoire et de leur identité culturelle.
La restitution est l’aboutissement d’un long processus de dialogue entre la France, la Côte d’Ivoire, les représentants atchans et les institutions muséales concernées. Une cérémonie officielle s’est tenue à Paris en présence des ministres de la Culture française et ivoirienne, qui ont signé l’acte de transfert de propriété.
Avant son retour, le tambour a été restauré et a fait l’objet de cérémonies traditionnelles de désacralisation. Il sera prochainement accueilli au Musée des civilisations de Côte d’Ivoire à Abidjan, récemment rénové.
Cette restitution s’inscrit dans la politique engagée par Emmanuel Macron depuis 2017 en faveur du retour du patrimoine africain. Elle relance également le débat sur les milliers d’objets africains encore conservés dans les musées français, dont plusieurs milliers proviennent de Côte d’Ivoire.
