Amnesty International critique vivement le projet de renforcement de la coopération migratoire entre l’Union européenne et la Libye. Dans un rapport publié le 23 juin, l’ONG estime que l’UE risque de soutenir davantage des autorités et groupes armés libyens accusés de graves violations des droits humains contre les migrants.
Selon Amnesty, aussi bien le gouvernement reconnu à Tripoli que les autorités de l’est du pays, dirigées par le maréchal Khalifa Haftar, mèneraient des campagnes marquées par des arrestations massives, des détentions arbitraires et des expulsions collectives. L’organisation reproche également à l’UE de financer depuis plusieurs années les gardes-côtes libyens chargés de freiner les départs de migrants vers l’Europe.
L’ONG s’inquiète notamment d’un projet de centre de coordination des secours maritimes à Benghazi et appelle les États européens à revoir leur politique migratoire en Libye. Dans ce pays marqué par l’instabilité depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, près de 900 000 migrants et réfugiés vivaient à la mi-2024 dans des conditions souvent très difficiles. La question migratoire alimente également de fortes tensions et des manifestations hostiles aux migrants en Libye.
